6 Octobre 2026
SORTIR DES SENTIERS BATTUS

SORTIR DES SENTIERS BATTUS
« Moi, faire du vélo de montagne? Pfff… jamais de la vie! » Voilà ce que je répondais quand on m’interrogeait sur mon prochain vélo. Et pourtant, vous l’aurez deviné : mon tout dernier jouet arbore de gros pneus, une suspension à l’avant et une tige de selle télescopique. Eh oui!
Alors, que s’est-il passé pour convertir la fille de route à cette nouvelle discipline?
Remontons de quelques mois.
Il s’est passé trois choses.
La première, c’est une certaine lassitude de toujours faire les mêmes parcours près de chez moi, combinée à la dégradation du pavage sur certaines routes. Aux heures où je peux m’entraîner, je finis donc toujours aux mêmes endroits : sur la piste cyclable du boulevard Champlain, dans la côte Gilmour (oui, je sais, j’ai une fixation sur les répétitions en côte) ou sur la route vers Cap-Tourmente.
La deuxième, c’est une cohabitation entre automobilistes et cyclistes de plus en plus difficile en ville, à laquelle se sont ajoutés quelques incidents malheureux avec des automobilistes. Depuis, ma tolérance envers les comportements parfois imprudents a beaucoup diminué, tandis que ma peur de rouler parmi les voitures a beaucoup augmenté.
La troisième, c’est peut-être simplement l’âge… En réaction aux deux premières, j’ai accepté mon sort et je cherche maintenant davantage de chemins de gravelle et, surtout, des endroits où circulent le moins possible de véhicules motorisés.

Comme il y a peu de gravelle à Québec — à moins de passer plusieurs heures en voiture pour trouver un parcours qui en vaille vraiment la peine —, l’idée d’explorer des sentiers plus accidentés a tranquillement fait son chemin. Des sentiers qui me permettraient d’être davantage dans la nature et, surtout, loin des voitures.
Un vélo pour apprendre… et pour voir plus loin
Je dois aussi me confesser : de nouvelles envies de courses de longue distance commencent à germer… Eh oui! L’ultracycliste en moi jubile chaque fois qu’elle tombe sur des récits d’événements comme la Tour Divide ou la Silk Road Mountain Race, ces grandes aventures qui se déroulent sur des chemins particulièrement engagés.
Restait donc à trouver un vélo qui me permettrait d’apprivoiser les sentiers sans me donner l’impression de repartir complètement de zéro, mais qui pourrait aussi, éventuellement, m’accompagner sur de longues aventures. Je cherchais quelque chose d’assez léger et efficace en montée, qui conserverait un peu les sensations que j’aime sur la route et la gravelle tout en m’ouvrant de nouvelles possibilités. C’est ainsi que le Scott Scale est entré dans ma vie, avec, je dois l’avouer, une petite courbe d’apprentissage… et peut-être déjà quelques grandes aventures en tête.

Mes constats après une première saison en vélo de montagne
D’abord (et je parle ici de mes sorties dans des centres de vélo de montagne), c’est beaucoup plus musculaire que je ne l’aurais cru. Même si je suis une adepte du D+ et, j’oserais dire, une bonne grimpeuse, les montées en sentier sont complètement différentes de celles auxquelles je suis habituée. Les ascensions sur route font surtout appel à mon endurance, tandis que les changements de rythme, les passages techniques et les relances en vélo de montagne exigent beaucoup plus d’explosivité.
Ensuite, c’est vraiment génial d’avoir une option supplémentaire pour rouler pendant les canicules ou les journées de grands vents. Je ne vous apprends rien : il fait plus frais dans le bois et Éole s’y fait plutôt discret. Les mouches, par contre… préparez-vous à les affronter!
Enfin, il faut complètement revoir sa conception de la vitesse moyenne. Cette réalité s’applique beaucoup moins aux sorties sur des chemins forestiers plus roulants, mais dans les sentiers aménagés, le contraste est frappant. J’avais déjà dû faire un peu le même exercice en passant du vélo de route au vélo de gravelle, mais cette fois, l’écart est encore plus marqué. Après avoir constaté à quel point j’étais vidée au terme de ma première sortie de deux heures et… douze kilomètres, j’ai rapidement réajusté mes attentes en matière de volume annuel! Une preuve de plus que la vitesse est loin d’être le seul paramètre qui nous définit sur deux roues.
Parmi mes coups de cœur de l’été : les sentiers forestiers de Duchesnay! Et pour la suite, j’ai déjà envie de pousser l’exploration un peu plus loin avec des parcours de plusieurs jours dans différentes zecs. Après tout, il faut bien commencer à préparer ces grandes aventures qui se dessinent à l’horizon…

Bon… je ne suis pas encore prête à faire inscrire MTBLOVE sur une plaque d’immatriculation personnalisée, mais j’avoue être bien contente de mon achat. Une chose est certaine : mon Scott Scale et moi passerons encore de très belles heures ensemble.